Voltigeur

« Je ne suis jamais retourné à Lille. Mais ce que j’ai construit ici, avec Merve, moi qui ne savais pas faire grand-chose, la maison de Varna, c’est aussi la preuve d’avoir avancé. On ne change jamais vraiment, au fond. C’est seulement les années, seulement les années qui sont passées. Tous ces gens sont loin. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs vies. Moi, j’ai essayé d’être heureux. »
Dans une paisible maison d’hôtes en Bulgarie, un homme revient sur son passé et raconte tout à celle qu’il aime.
Vingt ans plus tôt, c’était Lille, l’Institut, la jeunesse, l’insouciance. C’était Witold, le voltigeur, et la bande, quatre amis à l’âme vaste comme le monde, peur de rien sauf du temps qui passe et arrondit les angles. Mais la vie finit toujours par vous rattraper.

Quelques photos qui surgissent d'une boîte, et un homme revient sur ses 20 ans...
Sur ses amitiés, ses premières amours, ses apprentissages, ses errances, les années 90, tout ce qui a fait de lui l'homme qu'il est aujourd'hui.
Dans ce premier roman, Marc Pondruel, dans un style doux et énergique, décrit parfaitement ce bilan/retour soudain en arrière (à une période qu'il n'a pas connue mais qu'il maîtrise), il nous fait voyager de Lille aux Etats-Unis en passant par l'Europe de l'est, et vivre les emportement, les excès, l'aventure, les rencontres et les désillusions des personnages.

C'est l'histoire d'un passé perdu encore vif, et d'un présent à préserver, car c'est finalement d'amours fragiles dont il est essentiellement question dans ce roman, celui d'un homme pour un ami/des amis/un amour perdus, d'un fils pour ses parents.
Mais surtout celui d'un homme pour sa femme à laquelle il se confie pour la première fois, et d'une femme pour son mari, à qui elle offre son écoute silencieuse.
L'histoire d'une voltige au dessus d'un passé enfoui et du présent, suivie d'une douce prise de conscience, celle de ce que l'on représente pour les autres, et de la place qu'occupent les autres en nous.

Un bien joli premier roman, d'un auteur de 27 ans qui a adroitement réussi à transmettre le sentiment de mélancolie et d'envie de vivre d'un quarantenaire en pleine introspection confronté à ses (bons et mauvais) souvenirs (et parlera à ma génération... ainsi qu'à toute personne qui, face à une photo, s'est retrouvée submergée de souvenirs mélangés à un sentiment d'urgence...).

"Des années que je n'avais pas ouvert cette boîte. Et tout soudain s'est mis à affleurer. J'avais complètement oublié, et voilà que ça me revenait, pleine face. Le passé entrait en trombe, brisant la quiétude du soir, ce fut sous la tonnelle comme l'arrivée d'un train de marchandise, un déferlement d'une violence à faire vasciller le présent."


 L'auteur >> Marc Pondruel est né en 1987 et a passé sa jeunesse à Lille. Il a étudié l’audiovisuel et collabore à plusieurs revues. Le voltigeur est son premier roman.

Les éditions JC Lattès : http://www.editions-jclattes.fr