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Deux ans après l'enterrement de son père, Paul revient progressivement à la vie. Jean-Paul a été de ces pères solaires, flamboyants, qu'on se tue à trop aimer. Une enfance de carte postale, un ami à la vie à la mort, un amour absolu. Jean-Paul plane sur la vie de son fils, figure tutélaire écrasante autant qu'admirée. Jusqu'à un soir de novembre 2013, où tout va basculer. Comment survivre quand le passé a un tel goût de trahison? Paul en réchappe grâce à la fidélité d'Oscar, son ami d'enfance. Mais il lui reste tout à réapprendre. Une illustration parfaite de cette phrase de Jules Renard, qui ouvre le livre en forme de mise en garde : «Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils.»

C'est aujourd'hui, 5 février, que sort ce troisième roman de Xavier de Moulins.

Je suis son parcours de journaliste avec grand intérêt depuis Nulle part Ailleurs, + Clair, Paris Dernière etc... J'avais donc lu avec curiosité son premier roman, 
Un coup à prendre (bientôt adapté au cinéma - hâte!et l'avais beaucoup aimé, il m'avait surprise, touchée, avec son humour et ses mots crus, sincères et sans prétention
Il avait ensuite transformé l'essai avec Ce parfait ciel bleu, à mes yeux.

Dans Que ton règne vienne, j'ai retrouvé son style direct, sensible, sa manière de décrire sans détours, la vie, la mort, qui parfois se ressemblent... 

Xavier de Moulins parvient à nous maintenir au fil de ces 219 pages dans une sorte d'attente, il suggère tout dès le début, tout en nous gardant dans l'expectative, enchaînant plutôt adroitement les actes de la pièce qu'il met en scène (allant jusqu'à anticiper un futur tout proche). 

Nous oscillons donc entre les années 70 et 2015...
Paul tente de revivre, et se souvient (
comme un avant/après "la chute"... (et j'ai retrouvé des souvenirs de mon enfance qui ont fait naître quelques sourires nostalgiques)),
 entouré d'images/icônes qui le hantent.
Le souvenir d'un père qui était son Dieu, du couple cahotique de ses parents, de la famille qu'ils formaient. Son propre couple, rencontre, mariage, enfants, une femme hôtesse de l'air et lui, papa "moderne" hyper présent.
Et puis, la trahison...
Alors il autopsie, réalise, et tombe...

Mais, dans sa chute, il est fidèlement soutenu par un ami, Oscar, qu'il appelle "frère d'enfance", homosexuel en passe de se marier et bientôt papa grâce à une mère porteuse de vie. 
Un ami qui, lui aussi, le porte vers la vie... un ami qui lui tient la main, ne lâche pas, et l'aide à faire l'ascension d'une pente très raide, pour le voir renaître et repartir en pèlerinage. (...)

Que ton règne vienne (au titre n'évoquant pas pour rien le "Notre Père"...), au delà d'un livre sur l'amour/haine d'un fils pour son père disparu, et la perte de repères... est aussi, et à mes yeux essentiellement, un livre sur l'amitié qui lie Paul et Oscar. 
Sur le fait que les amis, les purs-les durs-les vrais, 
se veillent et veulent parfois bien plus votre bien que votre propre famille. 
Et sont présents, une fois le bout de l'impasse atteint, pour vous aider patiemment à la manoeuvre...


"... merci Oscar pour la chaleur, merci Oscar de m'avoir forcé à la consolation, merci Oscar pour ce coup de pied au coeur sans promesse, merci pour ta patience infinie, ma belle personne. Un ami pareil n'a pas de prix. Je pense à lui et me réjouis sincèrement, profondément. Je n'ai plus besoin de truquer le moindre sentiment, nulle nécessité de paraître, je suis."